Sincèrement, j'admet quand même être un peu psychorigide sur les bords, quand je me prends à écouter les chansons de Noël de Dean Martin. Je ne suis pas obligé de me mettre à cent pour cent en conditions quand je passe par le marché de Noël, à côté du lycée, et pourtant je le fais. Je n'ai pas d'argent pour un vin chaud à trois euros, alors j'en renifle le maximum, en espérant que l'alcool me montera tout seul à la tête, on s'en fout c'est Noël. Ben oui c'est ça la mise en conditions aussi ! Les grelots dans dans les chansons, et l'alcool dans la marmite, chaque chose à sa place. Et les bonnets ridicules sur les têtes des touristes: d'ailleurs cette année, on peut faire le traîneau tout entier en bonnet, puisqu'on trouve même le bonnet "bois de cerfs". Comme si ça ne suffisait pas d'avoir à se taper, chaque soir en rentrant chez soi, l'élite du tourisme allemand (gros, mou et plein de bière), on en a désormais la version sous-jacente "bois de cerfs". J'ai entendu pathétique ? Oui, c'est ça, comme Yves Duteil place Gutemberg à l'ouverture, mais plus frileux. Bon on arrête les frais avec ces pauvres gens, qui n'avaient probablement pas demandé d'être gros. D'être allemand, quoi. Je n'irai pas jusqu'à dire qu'on a besoin d'eux (et des vendeurs africains qui les fournissent en bonnets "bois de cerfs"), mais j'admet que sans leur présence, l'esprit de Noël à Strasbourg serait beaucoup moins palpable. C'est vrai, ce serait beaucoup moins drôle dans les rues si ils restaient tous enfermés dans leurs hôtels Ibis. Alors bon, on fait le point: Noël à Strasbourg, c'est être à moitié saoul place Broglie sans avoir bu une goutte de vin chaud, et à moitié énervé par ces allemands envahissants en bonnets qui clignotent, tout ça dans une ambiance de grelots et d'odeurs de sapin. Il s'agit en faite d'un tout, qui ensemble, n'est pas si désagréable à supporter. Moi j'aime.


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