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Non, sans blague, je commence vraiment à me féliciter de ne pas faire partie du monde du commerce. Je travaille depuis maintenant deux semaines à réceptionner les livraisons du Cora d'à côté de chez moi. Je met au frigo ce qui va au frigo, je range les liquides avec les liquides, le sopalin avec le sopalin, et je me démerde pour que tout rentre et soit à sa place. Alors selon que l'on trouve ça exaltant ou pas on peut dire que ça fait seulement deux semaines que je travaille ou que ça fait déjà deux semaines que je travaille. Pour ma part, ça fait seulement deux semaines que je travaille, que je me fais chier à tirer des pots de Nutella et des palettes de Fleury Michon, et que je regarde ma montre toutes les dix minutes. Et puis, je suis dans le coin de la benne qui pue, comme par hasard.
Enfin bref, je suis désormais à fond dans l'univers du travail, avec de supers collègues alsaciens et des pauses à rallonge, mes propres anecdotes de travail du genre "hier j'ai fait tomber un munster en le mettant en rayon", et un système de pointeuse auquel je ne comprends rien. J'ai plein de temps libre alors je m'éclate à faire parler tout le monde. Je crois qu'ils ne m'aiment pas trop et qu'ils ont compris que je me foutais d'eux, tant pis, de toute façon j'ai eu ce que je voulais. Je les vois s'animer pour des trucs qui me passent par-dessus la tête, et même, dire des phrases que jamais je ne dirai de ma vie. "Aujourd'hui on met le cabillaud en tête de gondole!", "Tu me bourres le bac à mozza, aujourd'hui c'est le rush!", "Faut pas mettre trop de pain de mie en rayon sinon ça tombe sur la gueule des clients". Je vis au jour le jour, et à chaque fois j'ai de bonnes surprises.
Malgré ça, le commerce, c'est certain, ce n'est pas fait pour moi. Faire mes études entouré de beaufs, pour finir gérant d'hypermarché ou dans le genre, je laisse tomber d'avance. Je me vois mal plus tard, passer ma semaine à négocier une commande de Mikado avec un connard de fournisseur qui veut faire son chiffre en essayant de me refourguer des chewing-gums à mettre près des caisses, ou j'en sais rien. Mais je vois le gérant faire, j'ai l'impression qu'il adore ça. Quelle vie de merde, mais bon, il en faut. Moi en tout cas, je ne suis là que pour un mois, après je les laisse tranquille, tous. Je fais mes rangements le plus discrètement possible, surtout envers mon supérieur direct, duquel je me cache un peu je l'avoue, parce qu'il me fait peur. A chaque fois que je le vois arriver, avec ses veines et ses postillons, je me sens changer de visage, je me crispe. Il m'allonge une phrase sans respirer et moi je m'exécute. Ca fonctionne comme ça depuis deux semaine et tout le monde s'en tient bien. Pourvu que ça dure. Et pourvu que ça paye.

2 commentaires:

Belen Vazquez Amaro a dit…

thanks for follow me sweety!

Juliette a dit…

aaaaaaaahahaha non mais j'en peux plus là ;
"Tu me bourres le bac à mozza, aujourd'hui c'est le rush!"